Vie ouvrière  Feuillet 5 - A -



L'arbre secoua ses branches
Et les feuilles
Vieilles
Jaunies
Salies
Trouées
Fripées
Qui avaient fait sa beauté
Tombèrent à terre…

Allons les enfants
Dit notre patron
Il n'y a que les faibles
Qui se retrouvent par terre

     Airel

- B -

Une USINE PARMI D'AUTRES . . .

Ce n'est pas une usine
C'est un camp retranché

Ce ne sont pas des travailleurs
Ce sont des détenus

Ce ne sont pas des contremaîtres
Ce sont des surveillants

Ce n'est pas un patron
C'est un garde-chiourme

Pas de fleurs
Des grillages

Pas de ciel
Un toit de taule

Celui qui sourit est suspecté
Celui qui dit bonjour est dénoncé
Celui qui chante est isolé

On ne peut entrer sans laissez-passer
On ne peut sortir sans permission
Le visage neutre est obligatoire
La parole est interdite
Tout est organisé pour la rentabilité

Tout est réglé
Chacun connaît sa place
Pas question d'en bouger

Celui qui est surpris à penser
Est renvoyé sur-le-champ

Dedans il y a les caméras
Dehors il y a les chiens

Les groupes sont disloqués immédiatement
La vie de chacun est sur fiche

Les cris doivent rester dans les gorges
Les poings dans les poches

Défense de réclamer
Défense de s'organiser

Ce n'est pas un camp retranché
Il n'est pas au-delà des mers
Il est chez nous
A Valenciennes       
Airel

- C -
I N D E X
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